Le Film


SYNOPSIS    

 

 

Une jeune africaine retrouve son pays après

cinq années passées en Europe. Elle est

bouleversée : à chaque coin de rue, elle croise

des enfants au travail. Beaucoup ont quitté

leurs parents, leur village, pour venir travailler

en ville. Comme elle autrefois...

Mais ce qu’elle trouvait alors normal la choque

aujourd’hui. Partagée entre deux cultures,

la jeune femme redécouvre sa propre enfance

et porte un regard neuf et intime sur

son pays, le Burkina Faso.









Le fil rouge et la voix intérieure du film

Le film raconte l’histoire de Fatimata, une Burkinabée qui retourne au pays après cinq années passées en Europe. Elle a changé. Elle a découvert en Belgique un autre regard sur son pays, sur sa culture, sur ses traditions.

En tant que narratrice de sa propre histoire, Fatimata est tantôt présente à l’image, tantôt présente en voix off. Dans l’image, elle est tantôt observatrice, tantôt protagoniste. Elle habite totalement le film de sa présence au point que les enfants d’aujourd’hui sont le reflet de sa propre enfance.

La caméra est le prolongement du regard et du questionnement de Fatimata. Pour nourrir sa propre histoire, sa propre enfance, elle donne la parole aux enfants d’aujourd’hui. Le documentaire veut rendre hommage à leur courage, à tout ce qu’ils peuvent endurer pour gagner ce « droit de vivre ».

Au delà des blessures, de la souffrance et des privations, nous voulons mettre en valeur la détermination des enfants, leur intelligence et aussi leur créativité, la beauté de leurs gestes.

Mais avant tout on raconte une histoire. Le film n’est pas une analyse journalistique, ni un jugement définitif et arrêté sur le travail des enfants et ses statistiques. C’est l’histoire d’une vie, une vie qui évoque de l’intérieur les aspects économiques du travail des enfants et les raisons de l’absence de scolarité. C’est la narration qui porte le message.

Plutôt que d’aborder de façon didactique ces thèmes nous privilégions l’impact émotionnel de l’histoire et son pouvoir d’évocation.

C’est un récit émouvant, né dans la douleur de la séparation, de l’enfance perdue. Mais le courage et l’obstination de Fatimata finissent par l’emporter. Nous suivons son chemin, son retour au pays, ses rencontres, sa remise en question, sa quête de vérité.


Réalisation

Nous avons travaillé sur le terrain en petite équipe, sans installation lourde et compliquée, pour laisser le plus possible la place à la spontanéité des enfants.

Il fallait se faire petit, discret, et à l’écoute des enfants. C’est rare au Burkina Faso où on laisse normalement peu de place à la parole des enfants. Il fallait les mettre en confiance, en prenant le temps, en jouant avec eux, en les accompagnant dans leur travail.

« En Afrique, quand un enfant est en présence d’un adulte, il baisse la tête et se tait. »

Au début, ce n’est pas facile de parler aux enfants. Ils ont peur parce qu’ici les adultes ne laissent pas parler les enfants. Ils ne prennent pas le temps de les écouter.

« Même à 18 ans, on dit que tu n’as pas l’âge de répondre aux plus âgés. A chaque fois, à chaque âge, on dit que tu n’as pas l’âge. Ce que les enfants ont l’âge pour faire, c’est travailler... et se taire. Ils doivent baisser la tête, ne pas regarder dans les yeux le grand qui te dit ce que tu dois faire. Si tu refuses, si tu ne le fais pas, on te frappe parce que tu n’as pas l’âge pour refuser, pour dire non. »

A travers le film, nous voulions donner la possibilité aux enfants de s’exprimer de personne à personne, d’égal à égal.

Fatimata a passé son enfance à travailler comme vendeuse, comme bonne chez des patronnes, à aller chercher de l’eau, etc. Elle comprend les enfants et leurs préoccupations. Elle a été le sésame pour faire entrer la caméra dans leur intimité, mais aussi dans l’intimité et parfois le secret des familles.

Concrètement, Fatimata n’intervient qu’épisodiquement dans le cadre de la caméra. Elle est néanmoins toujours à proximité des enfants pour recueillir leurs impressions, leurs confessions, pour simplement parler avec eux de leur travail et de leurs rêves.

Pour rythmer le documentaire nous voulions laisser une place aux comptines et aux jeux des enfants. Ils sont là comme un écho aux rêves, à l’imaginaire et à la créativité des enfants, en contraste aux heures vouées au travail.


Carnet de tournage  (.doc à télécharger)


Texte de fin

250 millions d’enfants travaillent dans le monde. Ils ont entre 5 et 14 ans. En Afrique, cela représente près de quatre enfants sur dix.

L’Unicef et l’Organisation Internationale du Travail font aujourd’hui la distinction entre le travail acceptable, voire bénéfique pour l’enfant, et le travail intolérable qui débouche sur l’exploitation, l’humiliation et la maltraitance.

La suppression totale du travail des enfants pour leur permettre d’aller à l’école et de s’épanouir nécessite avant tout des conditions de vie décente pour chaque famille.

En attendant, il est inutile de considérer toute activité économique des enfants comme systématiquement mauvaise. Le vrai combat, qui ne tolère aucune indulgence, c'est le combat contre la servitude et les nouveaux esclavages.


Générique 

DUNIA ZÂLEM (La vie c'est gratuit)

Un film de Fatimata Ouattara et Jean-Paul De Zaeytijd


Avec :

Mouniratou, Fati,

Alfred, Aminata et Djeneba,

Mariam, Vivi et son amie,

Souley, Moumouni,

Papa, Hamidou et Kassoum,

Dao, Fanta,

Seytou et ses copines, Haoua,

Aruna, Bikiendi, Ali et Amado,

Issa, Amadou et leur maman,

Mariam N,

Vieux et les parents de Yérifoula,

et la voix de Circé Léthem

Réalisation et écriture de J-P De Zaeytijd

d‘après l‘histoire de Fatimata Ouattara

Montage image : Jean Thomé

Production : Patrice Bauduinet

Image : Jean-Paul De Zaeytijd

Assistante réalisation : Fatimata Ouattara

Régisseur : Seydou Ouattara

Logeuse : Mariam Napo

Collaboration à l’écriture : Olivier Malley

Traductions : Fanta Napo, Seydou Ouattara

Montage son : Dominik Guth

Mixage : Nils Fauth

Musique : Les musiciens de San Yiri

Etalonnage et générique : Benoît Delval

Conception DVD : Nathalie Julien

Graphiste : André Moons (Séraphine Graphics)

Une production :

PBC pictures, Moi Filmer Toi

En coproduction avec :

La RTBF, Zorn Production, CRRAV

Avec l’aide du CNC et du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté Française de Belgique

Dunia Zâlem

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